Extrait :

Sommes-nous toujours aussi seuls lorsque nous sommes entourés d'inconnus dans un bar chaleureux, accompagnés d'une bonne musique ?
Oui.

Finalement et paradoxalement c'est la solitude la plus douloureuse et la plus douce.
Alors la question nous traverse l'esprit, faut-il appeler quelqu'un ?
On commence à pianoter sur le clavier du téléphone, et finalement une voix, Est-ce la solitude ou l'orgueil qui prend enfin la parole pour hurler :

« Et pourquoi ce serait toi qui proposerais une conférence dans un bar sympa ? Hein ? Pourquoi ? »

Alors on pose le téléphone sur le coin de la table, et on saisit sa bière. Non il n'y a aucun mal à boire seul à Bruxelles.
Le message est écrit. Il ne reste plus qu'à presser la touche envoie,
mais non.
On le met de côté et on boit une gorgée.
Comme il ne s'agit plus que de presser une touche, pousser un bouchon, faire le dernier pas, finalement
on y va.
Le message s'en est allé alors on lève les yeux, jetant un regard autour. Tiens, et si c'était Youri ?

Mais non bien sur, ce n'est pas Youri.

Maintenant qu'on a jeté une première bouteille à la mer contre la solitude, qui elle d'ailleurs, est confortablement assise sur le fauteuil en velours rouge à gauche ; on commence à chercher, à tenter d'espérer une rencontre inopinée mais opportune qui pourra peut-être piquer sa chaise à la solitude ...

Youri ne porte pas de cravate, on ne porte pas de cravate dans la Silicon Valley.

[...]