- 2015 -
Allumer la cigarette d'un manchot

Se laisser aller au hasard des bars et des bières et tomber inopinément sur Bruxelles, elle-même.

Tu la croises souvent, mais tu ne lui parles que rarement. Lorsque tu le fais, lorsque tu te décides enfin à lui adresser la pensée, elle te donne la migraine et parfois, des trous de mémoire.

Tu gardes par contre toujours un goût âcre de cigarette et de houblon, une brûlure à l'index droit,
souvenir d'un clope que tu n'as pas voulu lâché pour ne pas t'arrêter de danser mais qui finit toujours sur le sol à crever avec les autres.

Elle te laisse avec un drôle de sentiment pris entre extrême bonheur et mélancolie profonde.

Bruxelles se retrouve dans les yeux d'une amie, dans le geste sûr d'un serveur, dans le reflet ensoleillé et ensommeillé des bâtiments hirsutes.
Tu la croises sur le quai du métro et dans le craquement des parquets. Elle est là.
Une fois que tu l'as rencontrée tu ne veux plus la lâcher, pourtant tu hais ses mauvais côtés parce que tu sais qu'en fait, ce sont les tiens. Tu sais aussi que grâce à elle tu as pu être toi une ou deux fois.

Bruxelles est belle, Bruxelles rend beau.

Quand tu marches à ses côtés, tout est étonnant et rien ne l'est vraiment.
C'est grâce à elle que finalement,
les tanks et les militaires
rimeront toujours avec Bières ....